LES CHRYSELEPHANTINES
Dominique GAUTHIERParmi les objets décoratifs de luxe de l'Art Deco, les statuettes chryséléphantines en sont une illustration. Le terme "chryséléphantine" vient du Grec et désigne un objet d'or et d'ivoire. Ce qui se déclinait dans l'Art Déco comme des sculptures faites dans différents matériaux tels-que l'or, l'ivoire, le bronze, l'écaille, la laque et l'argent.

Ces statuettes traitaient le plus souvent le thème de la danse dans des mouvements suspendus souvent sur la pointe des pieds, les bras tendus le buste à demi tourné. Elles sont véritablement de petits chefs-d'œuvre. Ferdinand Preiss, l'un des créateurs de ces statuettes, amateur de danse contemporaine décrit des attitudes très éloignées de la sculpture traditionnelle. L'air hautain ces danseuses ont la grâce des déesses revêtues d'un costume à la mode de l'époque.
Demeter Chiparus, un artiste roumain, s'intéresse tout particulièrement au costume, ses danseuses représentées dans des poses de ballet, sont souvent vêtues de la tête au pied de parures exotiques qui témoignent de l'influence des ballets russes sur les créateurs et les artisans. Ses statuettes sont en bronze patiné.
Cette sculpture n'avait aucun souci de réalisme, c'était un art d'évasion qui se vendait très cher dans les magasins les plus chics de Paris, Londres, Berlin et New York. Ces pièces charmantes resteront très décoratives, mais il ne faudra pas leur appliquer les critères de la grande sculpture. Elles font souvent l'objet de collection, signées de Gerdago, Kelety, Lorenzl et pœcile.