LE PARCHEMIN

Traditionnellement, on situe son invention aux environs du IIème siècle avant Jésus-Christ dans la ville de Pergame (en Turquie actuellement), par le roi local Eumène II . En fait, son existence semble beaucoup plus ancienne mais à l'époque, on ne le différenciait pas vraiment du cuir. Souple, résistant et léger, sa matière première se trouve partout.

À l'origine de son expansion, se trouvent des difficultés d'approvisionnement en papyrus . On a donc cherché à améliorer cette sorte de cuir pour le rendre propre à l'écriture, et les progrès seront rapidement tels qu'il deviendra le papier.

Les qualités de ce nouveau matériau vont encore une fois induire de nouvelles techniques (enluminure, reliure en codex) et autoriser de nouveaux pigments. Cependant, la difficulté de sa fabrication fait que c'est un produit de luxe. Les premiers livres imprimés (incunables) seront encore réalisés sur parchemin, mais de nos jours on ne l'utilise plus que pour certains documents officiels, pour la Torah et pour des activités artistiques.
Certains meubles de la période Art-Déco ont été entièrement gainé de parchemin.
LA NACRE

La nacre est utilisée depuis l'Antiquité. Au Moyen-Age, elle était appelée "coquille de perle" et servait à fabriquer de luxueux objets. C'est à partir du XVIe siècle, après les grandes découvertes de nouveaux territoires, que son usage devint plus courant. Elle servit alors à décorer des pièces de mobilier sous forme d'incrustation. Aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, cette matière fut très utilisée en boutonnerie et en tabletterie ainsi qu'en marqueterie. La période Art-Déco l'utilisa en incrustation, le plus souvent sur des abattants de secrétaire ou des façades de portes.
L'ECAILLE DE TORTUE

L'écaille en tant que matière a été beaucoup utilisée dans les arts décoratifs. Le type d'écaille le plus prisé des artisans, tant tabletiers qu'ébénistes, est fourni par la tortue Caret (Eretmochelys Imbricata). Elle est de couleur noire à brun foncé, plus ou moins tachetée de couleur jaune à brun clair. Au XIXe siècle, on utilise un autre type d'écaille, la Franche, venant de la tortue verte (Chelonya Mydas). C'est aussi ce type d'écaille qui fut utilisé à l'époque Art Déco par Jules Leleu par exemple. Suite à la convention de Washington, ce type d'écaille est absolument interdit au commerce, même les stocks anciens.
LE GALUCHAT

Jean-Claude Galuchat, mort en 1774 fût celui qui utilisa la peau de raie ou de requin pour réaliser les placages teints en vert.
Le galuchat de la période Art Déco est tiré des peaux de la raie (Dasyatis Sephen).

L'utilisation de peaux de poisson en ébénisterie et gainerie remonte fort loin dans l'histoire. En Europe, les premières traces d'utilisation avérées se situent vers les XVe et XVIe siècles. Bellon, vers 1550, affirme qu'on en couvrait des boîtes ainsi que les poignées des dagues et des épées. De même, lors d'un voyage aux Pays-Bas entre 1520 et 1521, Albert Dürer, le célèbre graveur allemand, note dans ses comptes l'achat d'objets divers couverts de peaux de poissons venant des "Indes".

Ce sont les Japonais qui furent les premiers à utiliser le type de galuchat que nous connaissons sur les meubles Art Déco. Eux l'utilisèrent en poignées et fourreaux de sabres (katana) ainsi qu'en plastron d'armure, à cause de la dureté de la matière.
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